En quelques années, la Révolution française réalise une refonte politique totale du pays : abolition des privilèges (autrement dit impôt pour tous et fin du régime seigneurial), constitution de municipalités dans les villes et villages, mise en place d’une monarchie parlementaire puis d’une république (en 1792). Surtout, les Révolutionnaires achèvent un processus engagé depuis plusieurs siècles par la monarchie : la disparition de la Normandie. La province est découpée en cinq départements (Seine-Maritime, Eure...
Premier gagnant : l’élevage bovin. De nombreux agriculteurs normands convertissent leurs champs de céréales en prairies. C’est le triomphe des herbages. À cette époque, élever des vaches rapporte plus que les cultures traditionnelles. Le lait, le camembert et le beurre se vendent bien à tel point qu’ils deviennent les marques de l’agriculture normande. Sans oublier le cidre car des pommiers sont systématiquement plantés dans les nouvelles prairies naturelles. L’élevage nécessitant moins de bras, les campagnes subissent un fort exode rural à partir des années 1830...
Dans la première moitié du XIXe siècle, les Normands voient arriver les premiers touristes. Initié par les Anglais, le tourisme naît en Normandie bien avant le succès de la Côte d’Azur. Des aristocrates lancent la mode des bains de mer à Dieppe. Devant le succès de ces pratiques, de modestes villages côtiers se transforment en stations balnéaires tels Étretat, Deauville ou Trouville. Au-delà du littoral, la Normandie touristique s’étend aux monuments médiévaux, témoignages du passé autrefois glorieux de la province. On visite ainsi les ruines romantiques de l’abbaye de Jumièges, le Mont-Saint-Michel, le château de Gisors...
Pendant la première guerre mondiale, la Normandie se situe en retrait des zones de combat mais on peut entendre certains jours les canons du front de la Somme tonner. Bien placée, la région sert aux Alliés de base logistique. La guerre dynamise des secteurs économiques comme la sidérurgie, le textile et le trafic portuaire. Elle amène dans la région des réfugiés du nord de la France et de Belgique. Certains resteront à l’issue du conflit. Mais ces arrivées ne compenseront pas les lourdes pertes humaines sur le front. À la différence de 14-18, la Seconde Guerre mondiale...
Après 1944, la Reconstruction dure plus longtemps qu’ailleurs étant donné l’ampleur des destructions. Elle est toutefois l’occasion pour la Normandie de tenter des expériences urbanistiques (Caen, Le Havre), de moderniser l’agriculture (remembrement, diffusion des tracteurs) et de réaménager les zones industrielles et portuaires. Dans les années 1954-1970, Paris et sa banlieue délocalisent certains centres de production dans les villes normandes ; ce transfert accentue l’industrialisation et l’urbanisation de la région...