
Les Vikings construisent un État solide, bien administré et pratiquement indépendant du roi de France : le duché de Normandie. Les ducs, descendants de Rollon, s’avèrent des chefs compétents, notamment lors des guerres. Guillaume le Conquérant organise une des plus folles expéditions du Moyen Âge : traverser la Manche pour conquérir l’Angleterre. Vainqueur à Hastings de son compétiteur, le duc de Normandie reçoit la couronne d’Angleterre dans l’abbaye de Westminster, le jour de noël 1066. Le destin de l’île et du duché sont désormais lié pour 140 ans environ.
Plus tard, l’arrière petit-fils de Guillaume le Conquérant, Henri II Plantagenêt devient le souverain le plus puissant d’Europe occidentale. En héritant de ses aïeux, il contrôle à 24 ans un ensemble d’États, qui s’étend du nord de l’Angleterre aux Pyrénées en passant par la Normandie. Son successeur Richard Cœur de Lion part en croisade combattre le sultan Saladin.
Guillaume était le fils illégitime du duc de Normandie Robert le Magnifique d’où son premier surnom de Guillaume le Bâtard. Conquérant du royaume d’Angleterre en 1066, il s’est imposé comme l’un des plus grands chefs d’État de son époque. Et ce malgré des débuts difficiles : il fut duc dès l’âge de 8 ans, dut affronter une rébellion des barons normands et échappa à une tentative d’assassinat à 19 ans.
Alors que Guillaume le Conquérant se lançait dans la conquête de l’Angleterre, des chevaliers normands s’exilaient en Espagne et en Italie du Sud pour chercher gloire et fortune. D’abord appelés comme mercenaires, ils réussirent parfois à se tailler des principautés. L’ascension la plus fameuse est celle de la famille cotentinoise de Hauteville. Robert Guiscard devint ainsi duc de Pouille et de Calabre et en 1130, son neveu Roger II reçut du pape le titre de roi de Sicile.