Les guerres de religion

Le temple protestant de Caen

Le temple réformé de Caen. Construit en 1611, il fut détruit en 1685 suite à l’édit de Fontainebleau qui abolit l’Edit de Nantes. En 1565, Caen comptait d’après une estimation 12 000 protestants sur une population totale de 20 000 habitants (Wikimedia Commons).

Dès 1524, les Normands adhèrent à la Réforme si bien qu’elle devient en quelques dizaines d’années la province la plus protestante du nord du royaume. Des temples se dressent à Saint-Lô, Rouen, Dieppe, Caen, Le Havre, Coutances… Les Réformés sont particulièrement nombreux dans la plaine de Caen, dans le Bocage et le Pays de Caux.

Les tensions s’exacerbent entre les deux communautés et débouchent sur la guerre en 1562. Le roi et les Ligueurs, refusant l’idée d’une Normandie protestante, entreprennent une véritable reconquête  militaire et religieuse de la province.

Pour résister à cette offensive, les huguenots normands n’hésitent pas à appeler à l’aide l’ennemi traditionnel : l’Angleterre. Puis ils mettent leur espoir dans le nouveau roi de France Henri IV car c’est un réformé. Celui-ci remporte sur le sol normand les batailles d’Arques et d’Ivry contre l’armée des Ligueurs. Mais, finalement, Henri IV se convertit au catholicisme – « Paris vaut bien une messe ». La royauté française reste donc catholique ; par fidélité au roi, de nombreux Normands renoncent à leur tour au protestantisme même si l’Édit de Nantes accorde la liberté de culte en France.

En 1685, Louis XIV abolit l’Édit de Nantes. Les derniers huguenots se convertissent ou s’exilent. Une poignée subsiste toutefois autour de Luneray.