La domestication par la monarchie absolue

Le château de Beaumesil

Le château de Beaumesnil. Même si le XVIIe siècle fut une période difficile pour la Normandie, quelques nobles normands se créèrent de magnifiques résidences au goût du jour.

Comme toutes les autres provinces, la Normandie perd son reste d’autonomie face à l’emprise royale croissante. Le roi s’octroie les pouvoirs des assemblées régionales qui ne sont plus convoquées. Même le Parlement de Rouen, qui un temps a pu symboliser la résistance à la montée de l’absolutisme, se soumet.

La monarchie entend diriger d’une main de fer la riche et stratégique province. Les protestants normands vont-ils faire sécession ? Les Anglais vont-ils débarquer ? Face à ces craintes, le roi tient à éteindre tout foyer de rébellion en Normandie. C’est pourquoi il écrase promptement les révoltes populaires (celle des Gauthiers, puis celle des Nu-pieds), provoquées par l’augmentation de la pression fiscale. En ce XVIIe siècle, la Normandie souffre : les épidémies (la peste n’a pas disparu), les guerres de Religion, les conflits contre l’Espagne ou l’Angleterre perturbent la croissance démographique et économique. Or, la monarchie croit encore pouvoir ponctionner davantage une province considérée depuis des siècles comme la vache à lait du royaume.

Pierre Corneille, l’auteur au 80 000 vers

Pierre CorneilleL’auteur du Cid naît à Rouen en 1606 dans une famille de la moyenne bourgeoisie de robe. Il se destine à une carrière d’avocat mais sa femme l’encourage à se lancer dans l’écriture. Ses pièces de théâtre connaissent le succès à Paris si bien que Richelieu l’introduit à la Cour. En 1636, la tragi-comédie Le Cid bouscule les règles du théâtre mais suscite l’enthousiasme du public.