Derrière les brumes du Moyen Âge

La châsse de l’évêque saint Taurin (XIIIe siècle)

Détail de la châsse de l’évêque saint Taurin (XIIIe siècle), prétendu premier évêque d'Evreux

La rareté des textes et des fouilles archéologiques en milieu urbain rend cette période assez obscure. Si des exemples sont toutefois bien connus (Villa Supra Mare, Trainecourt), il faut se garder de généraliser leurs caractéristiques.

Pourtant des évolutions capitales se produisent. D’abord, le christianisme, déjà implanté en ville, se diffuse dans les campagnes pour se substituer au paganisme. Les églises s’élèvent au milieu des villages ; les premiers monastères sortent de terre dont certains sont promis à un bel avenir : Jumièges, Fontenelle, Saint-Ouen de Rouen, Mont-Saint-Michel… Par contre, à l’exception de Rouen, les rares villes stagnent.

La future Normandie fait partie de royaumes francs instables qu’un Dagobert (629-639) ou qu’un Charlemagne (768-814) parviennent temporairement à réunir.

Faire parler les morts

archéologuesAu VIe et VIIe siècle, les morts étaient enterrés en habit avec différents objets autour d’eux. À défaut de textes, la fouille des nécropoles (cimetières) par les archéologues constitue donc la principale source sur les habitants du haut Moyen Age. L’analyse des squelettes permet par exemple des conclusions sur l’apparence physique des défunts. Les objets de parure (fibules, colliers, épingles, plaque-boucle…) donnent eux des indices sur leur rang social, sur les échanges commerciaux et sur l’artisanat.