Le virage économique du XIXe siècle

Ateliers de construction et de fonderie à Louviers. Dessin légèrement antérieur à 1867
Le développement industriel est le second grand bouleversement économique dans la Normandie du XIXe siècle. Les usines se multiplient, principalement dans le textile (coton). Autour, s’élèvent des quartiers pour accueillir les masses d’ouvriers. La banlieue rouennaise ou des villes comme Le Havre, Elbeuf et Bolbec s’étalent sur leur campagne environnante. Ce puissant mouvement d’industrialisation et d’urbanisation est cependant beaucoup moins fort en Basse-Normandie et dans l’Eure. Dans ces régions, on voit même des villes décliner (Bayeux, Falaise, Coutances, Vire…) et des industries s’effondrer (papeterie, dentelles, petite métallurgie…).
Rouen et le Havre : une rivalité éternelle
Ces villes-ci, les deux principales de Normandie, ne se sont jamais entendues. Trop de différences et trop de rivalités économiques. Au XIXe siècle, Rouen a pour elle un passé prestigieux, des monuments vénérables et une vie culturelle de qualité. Ancienne capitale du duché de Normandie, chef-lieu de département, c’est une ville bourgeoise mais aussi ouvrière en raison d’un fort développement industriel. Le Havre est une cité plus récente, sans grande responsabilité administrative (la Révolution ne l’avait même pas nommé sous-préfecture). Chacune lutte pour devenir le véritable avant-port de Paris. Le recensement de 1881 marque un tournant : la population havraise, en pleine expansion, dépasse pour la première fois celle de Rouen.
Le premier chemin de fer normand
En 1843, est inaugurée la ligne ferroviaire Paris-Rouen. C’est l’une des toutes premières de France. Malgré quelques réticences (notamment les transporteurs par route et par bateau), le réseau s’étoffe rapidement vers le Havre (1847), vers Dieppe (1848) et vers Caen (1855). Le chemin de fer marque le triomphe de la vapeur. Cette nouvelle énergie devient le moteur des grandes usines, à la place du courant des rivières.
