Les Vikings et la naissance de la Normandie

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Viking (Shadowgate sur Flickr)

En 841, des drakkars remontent pour la première fois la Seine. C’est le début des invasions vikings dans la région. Lors de ce premier raid, Rouen est pillée et l’abbaye de Jumièges brûlée. D’autres incursions se produisent les années suivantes. A partir du milieu du IXe siècle, les Scandinaves prennent l’habitude de rester plusieurs années sur le pays au lieu de rentrer chaque hiver dans leurs pays. Ils peuvent dès lors élargir leur rayon d’action à des zones éloignée de la Seine. Bayeux et Saint-Lô sont par exemple mises à sac.

Incapable d’arrêter les envahisseurs et leurs pillages, le roi des Francs Charles le Simple propose un traité au principal chef viking installé dans la Basse Seine : Rollon. Il lui abandonne le comté de Rouen et quelques territoires voisins (l’ensemble correspondant à peu près à la Haute-Normandie). En contrepartie, Rollon et ses compagnons promettent de ne plus envahir le royaume et de se convertir au christianisme. C’est le traité à Saint-Clair-sur-Epte, conclu en 911. Ainsi naît la Normandie, étymologiquement le « pays des Hommes du Nord ».

Rollon et ses successeurs agrandissent cette concession initiale vers l’ouest. Ils chassent notamment les Bretons qui occupaient le Cotentin et l’Avranchin.

Quelques traces scandinaves

Si du point de vue archéologique, les Vikings ont laissé très peu de traces en Normandie, leur influence transparaît dans quelques noms de villes ou villages. Par exemple, les toponymes qui se termine en -fleur (Harfleur, Honfleur, Barfleur…) ont une origine scandinave car le suffixe -fleur est dérivé du mot scandinave ancien floth (« rivière » en français). De même, le terme buth (« maison », « cabane », « tente » en français) s’est francisé en beuf, terminaison que l’on retrouve dans Elbeuf ou Cricquebeuf.

La crainte des Normands

DrakkarL’accord de Saint-Clair-sur-Epte contraignait, entre autres, Rollon et ses compagnons à se convertir au christianisme. Ce qu’ils firent, ainsi que leurs descendants. Les successeurs du chef scandinave s’attachèrent d’ailleurs à relever les monastères que les Vikings avaient ravagés (Jumièges, Fécamp). Mais le plus difficile fut de convaincre les moines de revenir en Normandie. En effet, beaucoup éprouvaient de l’effroi à l’idée de côtoyer un peuple qui avait pillé les abbayes et tué leurs occupants.